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mercredi 11 novembre 2009

Brunch manhwa 2eme épisode!




Quitter la ville

C’est prendre ses distances avec Séoul, cette mégalopole anthropophage qui en laisse plus d’un sur le carreau, à l’image de Chamallow, le narrateur/auteur. Dessinateur sans le sou, obligé de se briser le dos en tâches ingrates pour survivre. Kim Su-bak nous parle de son quotidien, et évoque une période de sa vie lors d’un voyage qui le mène hors de la ville, à la recherche d’un ami qui lui, a déjà décidé de tourner le dos à une certaine modernité, pour vivre plus simplement loin, loin dans la campagne. « Partir voir quelqu’un, cela signifie aussi quitter quelqu’un ou quelque chose. La vie me semble ainsi être ce mouvement permanent entre séparation et rencontre. La séparation est toujours solitaire et douloureuse. A force de séparations, j’ai fini par les aimer. Quand je voyage, je me rends compte en me baladant ici et là que je me découvre moi-même. C’est amusant d’apprendre à se connaître. »La vie pas toujours facile d'un jeune dessinateur sans le sou qui a 1 an de retard sur son loyer et fini par aller squatter un immeuble en construction. Il n'avance pas sur son projet de dessin (on le voit jamais dessiner !). Il fait petits boulots sur petits boulots dans une agence d'intérim, dans le bâtiment, acceptant des emplois pas toujours faciles. Un de ses amis est parti s'installer à la campagne, abandonnant sa vie « survolté » de séoulite. Notre jeune homme pense de plus en plus à aller le rejoindre pour quitter cette vie qui ne mène à rien. Dans le premier volume, nous somme plongé dans la vie urbaine à Séoul. Séoul est l’un des deux personnages principaux de ce récit.

Outre son trait très dense, ses cadrages inaccoutumés, et ses allers-retours entre réalisme et onirisme, on se passionne pour l'itinéraire de ce charmant looser. Avant de quitter la ville pour rejoindre un ami qui s'est retiré loin de tout, l'auteur revient sur son quotidien à Séoul. Il est plus que désargenté : il ne mange que des œufs et n'a pas payé son loyer depuis bien longtemps. Il prend donc le chemin de l'agence d'intérim où il fait la connaissance d'ouvriers journaliers qui comme lui essaient de s'en sortir grâce aux travaux de chantier. Kim Su-Bak dépeint la société coréenne à travers ces marginaux, tous chargés d'une histoire tantôt burlesque tantôt pathétique. Le premier volume de ce diptyque, fait de flashbacks, de digressions et de réflexions en tout genre, nous permet de découvrir pour la première fois en français le travail de Kim Su-bak, et fait se marier avec intelligence et humour l’anecdotique à l’universel. L'ensemble est brillant, voire plus, et le second volume est attendu avec impatience.



-Quitter la ville, Kim Su-Bak, Atrabile 2009, 20€



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